Sortir d'un contrat de conciergerie : ce que dit la loi, ce que les contrats imposent
Presque personne n'écrit son préavis. Sur les 39 conciergeries de Toulouse dont le site répondait au relevé du 3 septembre 2026, quatre publient au moins un chiffre et une seule les publie tous les deux. Voici les portes de sortie que la loi vous laisse, et comment savoir laquelle est la vôtre.
Publié le · 24 minutes de lecture
La question arrive rarement au bon moment. Elle arrive quand le ménage a été raté deux fois de suite, quand les réponses aux voyageurs ont mis trois jours, ou quand un relevé mensuel ne ressemble à rien de ce qui avait été annoncé. À ce moment-là, le contrat est signé depuis des mois et personne ne l'a relu.
Cet article ne vous dit pas de partir. Il vous dit quelles portes de sortie existent, comment savoir laquelle est la vôtre, et quoi écrire. Comptez vingt-quatre minutes pour tout lire, ou trois si vous allez droit à l'outil qui identifie votre porte.
Et si vous savez déjà où vous en êtes, le courrier à recopier est un peu plus bas.
Deux contrats, deux droits de sortie
Tout se joue sur une seule question : votre contrat porte-t-il une date de fin ? On dit qu'un contrat est à durée déterminée quand il en porte une, et à durée indéterminée quand il n'en porte aucune. Le code civil traite les deux cas dans deux articles voisins, et ils disent l'inverse l'un de l'autre.
| Votre contrat | Ce que dit le code civil | Ce que vous pouvez faire |
|---|---|---|
| Aucune date de fin, il court tant que personne ne l'arrête. C'est un contrat à durée indéterminée | Article 1211 : « chaque partie peut y mettre fin à tout moment, sous réserve de respecter le délai de préavis contractuellement prévu ou, à défaut, un délai raisonnable » | Partir quand vous voulez, en respectant le préavis écrit dans le contrat. S'il n'y en a aucun, un délai raisonnable, qui s'apprécie au cas par cas |
| Une date de fin, ou une durée en mois. C'est un contrat à durée déterminée | Article 1212 : « chaque partie doit l'exécuter jusqu'à son terme. Nul ne peut exiger le renouvellement du contrat » | Aller jusqu'au terme, sauf accord de l'autre partie ou manquement grave de sa part. Mais au terme, la conciergerie ne peut pas vous imposer de continuer |
Cette distinction est celle que les pages du sujet intervertissent le plus. Elle mérite trente secondes : ouvrez votre contrat et cherchez le mot « durée ». Si vous lisez « à compter de la signature et pour une durée de douze mois », vous êtes dans le second cas. Si vous ne trouvez ni durée ni date de fin, vous êtes dans le premier, et vous êtes bien plus libre que vous ne le croyez.
Le cas du manquement grave est à part. Un contrat à durée déterminée peut être rompu avant son terme quand l'autre partie n'exécute pas ses obligations de façon suffisamment grave. Ce n'est pas un droit qui se prend seul : le code civil demande une mise en demeure préalable, c'est-à-dire un courrier recommandé qui expose le manquement et laisse un délai pour y remédier, sauf urgence. Et la rupture se fait aux risques de celui qui la décide : si un juge estime ensuite que le manquement ne la justifiait pas, c'est vous qui devez réparation. Un ménage raté ne suffit pas. Une succession de manquements écrits, documentés et signalés, c'est autre chose.
Le contrat reconduit n'a peut-être plus de date de fin
C'est le point que nous n'avons trouvé sur aucune des pages qui se classent sur cette question, et c'est le plus rentable pour vous.
Quand un contrat à durée déterminée arrive à son terme et que les deux parties continuent comme si de rien n'était, le code civil appelle ça la tacite reconduction, et il précise qu'elle produit les mêmes effets que le renouvellement. Or l'article qui définit le renouvellement va plus loin que ce qu'on lit partout : « Le renouvellement donne naissance à un nouveau contrat dont le contenu est identique au précédent mais dont la durée est indéterminée. »
Articles 1214 et 1215 du code civil, consultés sur Légifrance le 3 septembre 2026. Comme les précédents, ils sont supplétifs et visent les contrats conclus depuis le 1er octobre 2016 : une clause qui organise autrement la reconduction s'applique d'abord.Traduit dans votre situation : si votre contrat de douze mois est arrivé à échéance, que personne n'a rien dit, et que la clause de reconduction ne fixe aucune nouvelle durée, vous n'êtes plus dans un contrat à durée déterminée. Vous êtes à durée indéterminée, donc sous l'article 1211, donc libre d'y mettre fin à tout moment avec le préavis prévu ou un délai raisonnable. Pas d'échéance à attendre.
C'est la clause, ou son absence, qui décide. Lisez la vôtre mot pour mot :
- La clause fixe une nouvelle période, du type « reconduit pour des périodes successives de douze mois » : les parties ont voulu un nouveau terme, et il s'applique. Votre date de sortie est la prochaine échéance, précédée de sa date limite de dénonciation, c'est-à-dire la date avant laquelle il faut avoir écrit qu'on ne continue pas.
- La clause est muette sur la durée, ou il n'y a aucune clause et vous avez simplement continué : c'est l'article 1214 qui s'applique par défaut, et le contrat né de la reconduction est à durée indéterminée.
Une clause de la seconde sorte figure dans les conditions générales publiques d'une des conciergeries du marché toulousain, relevée une fois le 3 septembre 2026, dans ces termes : « Ce Mandat est tacitement reconduit sauf dénonciation par l'une ou l'autre des Parties dans les conditions prévues audit Mandat. » Aucune durée n'y est attachée. Nous n'avons lu que des pages publiques, donc nous ne savons pas à quelle fréquence cette rédaction se retrouve dans les contrats réellement signés.
La reconduction tacite, et la date qui décide
Au-dessus du code civil, le code de la consommation ajoute une protection que presque aucune page du sujet ne mentionne. Le prestataire doit vous prévenir, par écrit, par lettre nominative ou courrier électronique dédiés, au plus tôt trois mois et au plus tard un mois avant la date limite pour refuser la reconduction, dans des termes clairs et compréhensibles, en mentionnant cette date limite dans un encadré apparent.
Ces conditions se cumulent. Un rappel envoyé cinq mois avant, un rappel envoyé dix jours avant, une phrase glissée au bas d'une lettre d'information commerciale, ou un courrier sans encadré apparent, ne remplissent pas l'obligation.
Et voici la partie qui change tout, parce qu'elle se lit dans l'autre sens. Le deuxième alinéa du même article dit ce qui se passe quand cette information n'a pas été envoyée dans ces conditions : « le consommateur peut mettre gratuitement un terme au contrat, à tout moment à compter de la date de reconduction ». Sans préavis et sans indemnité. Le troisième alinéa ajoute que les avances versées depuis la dernière date de reconduction vous sont remboursées dans les trente jours à compter de la date de résiliation, déduction faite de ce qui correspond au travail réellement exécuté jusque-là. Et si le prestataire ne rembourse pas dans ce délai, un autre article fait courir l'intérêt au taux légal, actualisé chaque semestre par arrêté.
Article L215-1 du code de la consommation pour l'information et le remboursement, article L241-3 du même code pour l'intérêt au taux légal. Consultés le 3 septembre 2026, versions en vigueur à cette date.Attention à la date de départ. Ce droit ne naît qu'à compter de la date de reconduction, pas à la signature. Si vous êtes au troisième mois d'un contrat de douze, vous n'avez évidemment rien reçu, et c'est normal : l'information n'était pas encore due. La sortie gratuite s'ouvrira à votre première échéance, pas avant.
Encore faut-il que ce chapitre vous concerne, et c'est là qu'il faut nommer qui est qui.
| Qui a signé, de votre côté | Comment le code de la consommation vous appelle | Le chapitre sur la reconduction vous protège-t-il ? |
|---|---|---|
| Vous, personne physique, pour un logement que vous louez hors de toute activité commerciale, industrielle, artisanale, libérale ou agricole | Consommateur | Oui, l'article L215-1 vise le consommateur |
| Une société qui n'agit pas à des fins professionnelles, une SCI familiale par exemple | Non-professionnel, une qualité réservée aux personnes morales | Oui, l'article L215-3 étend tout le chapitre aux contrats entre professionnels et non-professionnels |
| Vous, dans le cadre d'une activité de location exercée à titre commercial | Professionnel | Non. Vous retombez sur votre contrat et sur le code civil |
Nous n'écrirons pas ici que vous êtes un consommateur. Personne ne peut l'écrire à votre place : cela dépend de la nature de votre activité de location, et la frontière entre une location meublée civile et une activité commerciale se tranche sur des faits, pas dans un article de journal. Ce que nous pouvons faire, c'est vous donner le critère et vous dire ce qui en dépend.
Les cinq lignes à chercher dans votre contrat
Ouvrez le fichier, utilisez la recherche de votre lecteur PDF, et cherchez ces cinq choses dans cet ordre. Chacune a un seuil qui tranche. Si vous préférez être guidé, ces mêmes points vous sont reposés en questions par l'outil un peu plus bas, et vous pouvez y aller directement.
- Le mot « durée ». S'il est suivi d'un nombre de mois ou d'une date, vous êtes à durée déterminée, article 1212. S'il n'apparaît nulle part avec un nombre, vous êtes à durée indéterminée, article 1211, et vous pouvez partir à tout moment avec le préavis prévu.
- Les mots « reconduction » ou « tacite ». S'ils apparaissent, regardez si la clause fixe une nouvelle durée. Si oui, repérez la date limite de dénonciation et comptez les jours qui vous en séparent. Si la clause reste muette sur la durée et que le terme est déjà passé, l'article 1214 vous a rendu votre liberté. Et s'ils n'apparaissent pas du tout, ne concluez pas trop vite que vous êtes tenu jusqu'au terme : quand ce terme est déjà dépassé et que vous avez continué tous les deux, l'article 1215 y voit une tacite reconduction sans qu'aucune clause soit nécessaire, et le même article 1214 s'applique.
- Le mot « préavis ». Notez le nombre exact de jours ou de mois, et surtout à partir de quand il court : de la réception de votre courrier, ou de la fin du mois en cours. Ces deux points de départ peuvent séparer votre sortie de plusieurs semaines. Zéro occurrence du mot dans un contrat sans terme, et c'est le délai raisonnable de l'article 1211 qui s'applique.
- Les mots « indemnité », « pénalité » ou « forfait de résiliation ». C'est la peur numéro un, et c'est là qu'elle se vérifie. Une clause abusive est réputée non écrite, ce qui veut dire qu'elle ne s'applique pas, comme si elle ne figurait pas au contrat. Mais ce que vous pouvez invoquer dépend de qui a signé, et la nuance compte.
Si vous avez signé en tant que particulier, deux listes toutes faites vous protègent. Sont interdites, sans discussion possible : la clause qui, dans un contrat à durée indéterminée, subordonne votre résiliation au versement d'une indemnité au profit du professionnel, et celle qui reconnaît au professionnel le droit de résilier discrétionnairement sans vous reconnaître le même droit. Est présumée abusive, sauf au professionnel à prouver le contraire, celle qui vous impose, quand vous n'exécutez pas vos obligations, une indemnité d'un montant manifestement disproportionné.
Si c'est une société qui a signé, une SCI familiale par exemple, ces deux listes ne vous sont pas ouvertes : elles ne visent que les contrats conclus avec des consommateurs. Il vous reste le test général du déséquilibre significatif entre les droits et obligations des parties, qui est étendu aux non-professionnels. Le résultat peut être le même, mais il s'apprécie au cas par cas au lieu d'être acquis d'avance. - Les références « L215-1 » et « L241-3 ». L'article L215-4 du code de la consommation impose que les articles L215-1 à L215-3 et L241-3 soient intégralement reproduits dans les contrats de prestation de services auxquels ils s'appliquent. Si votre contrat porte une clause de reconduction tacite et que la recherche rend zéro occurrence de « L215 », cette obligation n'est pas remplie. Signalez-le par écrit.
Si vous avez signé en ligne, ou si votre prestataire propose de souscrire en ligne. La règle vaut dans deux situations indépendantes, et il suffit d'être dans l'une des deux. Première situation : votre contrat a été conclu par voie électronique. Deuxième situation : il a été conclu autrement, sur papier par exemple, mais le professionnel propose, au jour où vous résiliez, de conclure des contrats en ligne. Dans les deux cas, la résiliation doit être possible par voie électronique, sous la mention « résilier votre contrat » ou une formule analogue dénuée d'ambiguïté affichée en caractères lisibles. « Mettre fin à mon contrat » convient donc parfaitement, et son absence n'est pas un manquement.
Votre porte de sortie, avec ses dates
Répondez à ce que vous savez. L'outil applique les articles du code civil et du code de la consommation à vos réponses, calcule votre échéance et votre date limite de dénonciation quand vous lui donnez les dates, et vous dit quelle porte est ouverte. Il ne collecte rien, il ne demande aucune adresse email, et plusieurs de ses réponses concluent que vous n'avez besoin de personne pour agir.
Le courrier à recopier
Recommandé avec accusé de réception, à l'adresse du siège social de l'entreprise, celle qui figure sur ses mentions légales et sur vos factures. La lettre recommandée électronique a la même valeur qu'un recommandé papier, à condition de passer par un service qualifié au sens du règlement européen sur l'identification électronique, ce que les prestataires sérieux affichent. Gardez la preuve de dépôt, c'est elle qui date votre préavis.
Mode d'emploi en une ligne : il y a quatre motifs ci-dessous. Gardez celui qui correspond à votre situation, supprimez les trois autres, et supprimez aussi les mots en italique qui les annoncent. Puis remplacez ce qui est entre crochets.
Un seul cumul est possible, et l'outil vous le dit quand c'est le cas : si votre contrat s'est reconduit sans nouvelle durée et qu'aucune information de reconduction conforme ne vous a été envoyée, gardez le motif 3 et ajoutez le motif 4 juste après. Vous avez alors deux fondements au lieu d'un.
Objet : résiliation du contrat de prestation de services du [date de signature]
Madame, Monsieur,
Par la présente, je vous notifie ma décision de mettre fin au contrat de prestation de services signé le [date], portant sur le logement situé à [ville], référencé [numéro de contrat ou d'annonce]. Date d'effet demandée : [date].
Motif 1, contrat sans date de fin, avec un préavis écrit au contrat : ce contrat étant conclu pour une durée indéterminée, je fais usage de la faculté prévue à l'article 1211 du code civil, sous réserve du préavis de [X jours] prévu à l'article [Y] du contrat.
Motif 2, contrat sans date de fin et sans préavis écrit : ce contrat étant conclu pour une durée indéterminée et ne prévoyant aucun délai de préavis, je fais usage de la faculté prévue à l'article 1211 du code civil en observant un délai raisonnable, que je fixe à [X jours] à compter de la réception de la présente, de manière à couvrir les séjours déjà confirmés et à vous laisser le temps de vous organiser.
Motif 3, contrat reconduit sans nouvelle durée, que la clause de reconduction reste muette sur ce point ou qu'il n'existe aucune clause de ce genre : ce contrat s'étant tacitement reconduit le [date] par la poursuite de son exécution au-delà de son terme, aucune stipulation ne fixant de nouvelle durée déterminée, il est devenu à durée indéterminée par application des articles 1214 et 1215 du code civil. J'y mets fin sur le fondement de l'article 1211, en observant le préavis de [X jours] prévu au contrat, ou, à défaut de préavis écrit, un délai raisonnable que je fixe à [X jours].
Motif 4, défaut d'information de reconduction, si vous avez signé en tant que particulier ou au nom d'une société sans activité professionnelle : je n'ai reçu aucune information de reconduction conforme aux exigences de l'article L215-1 du code de la consommation. Je mets donc gratuitement fin au contrat sur le fondement du deuxième alinéa de ce même article, et vous demande le remboursement des sommes versées d'avance depuis la date de reconduction, déduction faite de celles correspondant à l'exécution du contrat jusqu'à la date d'effet, dans le délai de trente jours prévu au troisième alinéa.
Je vous demande en conséquence, à la date d'effet : la restitution de l'ensemble des jeux de clés et des codes d'accès, la remise du solde des sommes encaissées pour mon compte accompagnée du détail par séjour, le transfert ou la restitution des accès à l'annonce, et la remise des photographies du logement dans leur définition d'origine.
S'agissant des séjours déjà confirmés pour des dates postérieures à la date d'effet, je vous demande de me communiquer sous quinze jours la liste complète de ces réservations, avec leurs dates, leurs montants et les sommes déjà encaissées, afin que nous convenions par écrit de qui les honore et à qui revient le règlement. Je n'entends procéder à aucune annulation.
Je vous remercie de me confirmer par écrit la date d'effet retenue.
[Date, lieu, signature]
Comment fixer ce délai si vous retenez le motif 2 ou le motif 3 sans préavis écrit, puisque le contrat ne le fait pas. Prenez la date du dernier séjour déjà réservé et ajoutez quelques jours : c'est le plancher défendable, parce que c'est ce qu'il faut pour ne rien annuler. Comme repère public, les trois seuls sites de notre relevé du 3 septembre 2026 qui publient un préavis annoncent tous un mois ; nous ne savons rien des 36 autres, qui n'en publient aucun. Un délai que vous justifiez ainsi, par écrit, est difficile à qualifier de déraisonnable.
Ce que vous récupérez, et ce qui peut vous échapper
Le droit de partir ne dit rien de ce que vous emportez. C'est pourtant là que se jouent les vraies pertes, et elles se préparent avant, pas pendant.
- L'annonce et les avis. Le point le plus lourd. Si l'annonce a été créée sur le compte de la conciergerie, les avis et l'ancienneté sont attachés à ce compte, pas à votre logement, et vous repartez d'une page vide. Si elle a été créée sur votre compte, avec votre adresse email, et que la conciergerie n'a reçu qu'un accès de collaboration, tout reste chez vous. Sur votre compte, retirer un co-hôte se fait depuis la fiche du logement, et changez le mot de passe le jour de la sortie. La question à poser avant de signer, à n'importe qui, y compris nous, est celle-là : sur quel compte l'annonce sera-t-elle publiée.
- Les réservations déjà prises. Elles courent après votre départ, et c'est le vrai risque financier de la sortie. Annuler des séjours confirmés du côté de l'hôte entraîne des frais et pénalise le classement de l'annonce sur la plateforme. La règle simple : on ne part pas en annulant, on part en honorant ce qui est réservé. C'est la raison pour laquelle le courrier ci-dessus en réclame la liste par écrit.
- Les clés et les accès. Nombre de jeux remis, boîte à clés, codes de serrure connectée, accès à la copropriété. Faites-en la liste, et demandez la restitution à date. Si les accès ne sont pas rendus, changez le code de la serrure et le mot de passe du compte de la plateforme le jour même, cela ne demande l'autorisation de personne.
- Le solde. Le versement des dernières nuits arrive après la fin des séjours, donc après la fin du contrat. Vérifiez le délai prévu, et gardez le relevé qui vous permettra de recompter.
- Vos données et vos photos. Les photos du logement ont été payées par quelqu'un et ce n'est pas toujours vous. Demandez les fichiers d'origine et l'autorisation écrite de les réutiliser.
- Le numéro d'enregistrement en mairie. Il est attaché au logement et au déclarant, pas au prestataire. Vérifiez qu'il figure toujours sur l'annonce après le changement, et que c'est bien vous qui restez le déclarant auprès de la commune. L'obligation d'afficher ce numéro sur l'annonce pèse sur le loueur, article L324-2-1 du code du tourisme.
Si le prestataire refuse
Un courrier resté sans réponse n'est pas une impasse, et rien de ce qui suit ne coûte d'honoraires.
- Le médiateur de la consommation. Tout professionnel doit vous communiquer les coordonnées du médiateur dont il relève, et l'inscrire dans ses conditions générales et sur son site. La saisine est gratuite pour vous. C'est la première étape utile après un refus écrit.
- SignalConso. Le service public de signalement des litiges de consommation, sur signal.conso.gouv.fr. Votre signalement part à l'entreprise et alimente les contrôles de la répression des fraudes. Il ne règle pas votre cas à lui seul, il pèse.
- Le conciliateur de justice. Gratuit, présent dans les mairies et les maisons de justice. Ce n'est pas seulement une option : pour une demande qui n'excède pas 5 000 euros, une tentative de règlement amiable est un préalable obligatoire à la saisine du juge, à peine d'irrecevabilité, sauf motif légitime.
- Le tribunal judiciaire, chambre de proximité le cas échéant, qui tranche les litiges entre un client et son prestataire de services. La procédure est orale et l'avocat n'est pas obligatoire pour les demandes n'excédant pas 10 000 euros.
Ce que 39 conciergeries publient sur la sortie
Si vous en êtes là, c'est que le plus urgent est fait. Cette partie sert au contrat suivant, celui que vous n'avez pas encore signé.
Nous avons relu, le 3 septembre 2026, les pages publiques des 40 conciergeries qui proposent la prise en charge d'un Airbnb à Toulouse et dans sa métropole, recensées le 20 août 2026. Accueil, tarifs, offres, questions fréquentes, conditions générales, mentions légales. Un site ne répondait plus, il sort du compte : la base est de 39. Notre propre site n'est pas dans ce panel, pour la raison évidente qu'on ne se mesure pas soi-même. Nos deux chiffres à nous sont publiés plus loin dans cette page.
Nous cherchions les deux chiffres qui décident du jour où vous voulez partir : combien de temps dure l'engagement, et combien de temps dure le préavis.
| Ce que le site publie sur la sortie | Sur 39 | Exemple de formulation relevée |
|---|---|---|
| Au moins un chiffre, engagement ou préavis | 4 | « un préavis de 1 mois seulement », « Engagement 6 mois ». Dans le détail : 3 publient un préavis, 2 une durée d'engagement, et une seule les publie tous les deux, « Contrat mensuel, résiliable à tout moment avec 30 jours de préavis » |
| La sortie est évoquée, sans aucun chiffre | 8 | « en respectant un court préavis », « un simple préavis », « selon les conditions prévues au contrat » |
| Rien sur la fin du contrat qui vous lie | 27 | aucune mention de la fin du contrat entre le propriétaire et la conciergerie |
Trente-cinq sites sur 39 ne permettent pas de savoir, avant de décrocher son téléphone, combien de temps on sera tenu. Celle qui annonce six mois d'engagement ne dit pas avec quel préavis on en sort. Deux des trois qui annoncent un préavis ne disent pas si le contrat a une durée minimale.
Ce n'est pas une faute juridique. Rien n'oblige une entreprise à publier ses conditions contractuelles sur son site. Mais cela veut dire une chose très concrète pour vous : le préavis ne se compare pas avant le premier rendez-vous, il se demande. Et il se demande avant de signer, parce qu'après, c'est le contrat qui parle.
« Sans engagement » ne parle presque jamais du contrat
Douze des 39 sites emploient la formule « sans engagement » ou « aucun engagement ». C'est l'argument le plus rassurant du marché, et c'est aussi le plus ambigu.
Nous avons regardé, pour chacun, à quoi la formule se rapportait dans sa phrase. Dans neuf cas sur douze, elle qualifie l'estimation, l'audit ou le devis gratuit, pas le contrat. « Simulation gratuite, indicative et sans engagement ». « Réponse sous 24h, sans engagement ». « Planifiez un entretien gratuit et sans engagement ». Ces phrases sont exactes. Elles ne parlent simplement pas de ce que vous croyez.
Dans trois cas sur douze seulement, la formule porte bien sur le contrat lui-même, du type « aucun engagement, aucun abonnement ».
Les deux cas qui illustrent le mieux le malentendu, relevés le 3 septembre 2026.
Un site écrit « Planifiez un entretien gratuit et sans engagement » et publie, sur la même offre, « Engagement 6 mois ». Les deux phrases sont vraies. L'entretien est libre, le contrat dure six mois.
Un autre pose lui-même la question dans ses questions fréquentes : « Y a-t-il un engagement de durée ? ». La réponse publiée est : « L'estimation est gratuite et sans engagement. Les conditions du mandat sont présentées en toute transparence avant signature. » La question porte sur le contrat, la réponse porte sur le devis.
La conclusion pratique tient en une phrase. Quand vous lisez « sans engagement », regardez le sujet de la phrase. S'il s'agit d'un devis, d'un audit, d'une estimation ou d'un rendez-vous, la phrase ne vous apprend rien sur la durée pendant laquelle vous serez tenu.
Nos deux chiffres, puisque nous vous demandons les leurs
Il serait facile de publier ce relevé sans se l'appliquer. Nos conditions tiennent en une ligne : trois mois d'engagement au démarrage, puis un mois de préavis, sans indemnité de rupture. Trois mois, c'est davantage que le « contrat mensuel » d'un des sites relevés, et davantage que le « sans engagement » ou l'« aucun engagement » de trois autres. Nous l'assumons, et voici pourquoi : les premières semaines construisent l'annonce, les avis et le positionnement, et c'est la partie la plus lourde du travail.
La condition d'argent en clair, parce que c'est le seul endroit de cette page où elle se joue. Ce travail de mise en place, photos et préparation de l'annonce, n'est pas facturé si vous allez au bout des trois mois. Si vous partez avant, il reste dû, parce qu'il a été fait. Rien d'autre : aucune indemnité de rupture, aucun pourcentage réclamé sur les mois restants. Le détail, avec ce qui se passe le jour où vous arrêtez, est écrit dans le déroulé du premier appel jusqu'à la sortie du contrat.
Ce que notre relevé ne dit pas
Il porte sur des pages publiques, pas sur des contrats. Une conciergerie peut très bien remettre un contrat clair, avec un préavis de trente jours écrit en gras, et ne rien en dire sur son site. L'absence de chiffre publié n'est pas la preuve d'une mauvaise condition, c'est la preuve qu'on ne peut pas la comparer avant le premier rendez-vous.
Il ne couvre que Toulouse et sa métropole, donc rien ne dit que ces proportions valent ailleurs. Il date d'un seul jour, le 3 septembre 2026, et un site peut avoir changé depuis. Il rate les conciergeries qui exercent sans site consultable ce jour-là. Nous n'avons pas mesuré le point de départ du préavis, ni sur quel compte l'annonce est publiée : ces deux questions sont dans nos recommandations parce qu'elles comptent, pas parce que nous les avons comptées. Enfin, la lecture du contexte reste une lecture : nous avons tranché phrase par phrase entre le sens marketing et le sens contractuel du mot engagement, et une autre personne pourrait classer un ou deux cas autrement. Les formulations exactes sont citées plus haut pour que vous puissiez juger vous-même.
Questions fréquentes
Quel préavis faut-il respecter pour quitter une conciergerie ?
Celui que votre contrat écrit, et rien d'autre. Il n'existe aucun préavis légal propre aux contrats de conciergerie : les fourchettes d'un à trois mois que l'on lit partout sont des usages constatés, pas une règle. Si le contrat est à durée indéterminée et ne prévoit aucun préavis, l'article 1211 du code civil impose un délai raisonnable, qui s'apprécie selon la durée de la relation et le temps qu'il faut à l'autre partie pour se réorganiser. Sur les 39 conciergeries de Toulouse dont le site répondait le 3 septembre 2026, trois seulement publient un préavis chiffré.
Ma conciergerie me réclame les mois restants, dois-je payer ?
Pas nécessairement. Regardez d'abord si le contrat est vraiment encore à durée déterminée : si son terme est passé et que vous avez continué tous les deux, l'article 1215 du code civil y voit une tacite reconduction, même sans clause, et l'article 1214 rend alors le contrat à durée indéterminée. Il n'y a plus de mois restants à réclamer. Regardez ensuite la clause elle-même. Si vous avez signé en tant que particulier, la clause qui subordonne votre résiliation au versement d'une indemnité dans un contrat à durée indéterminée figure sur la liste noire du code de la consommation : elle est interdite, donc réputée non écrite, c'est-à-dire qu'elle ne s'applique pas. Si c'est une société qui a signé, cette liste ne vous est pas ouverte, mais le test du déséquilibre significatif reste invocable. Dans les deux cas, contestez par écrit avant de payer, et saisissez le médiateur de la consommation si le refus persiste.
Vais-je perdre mes avis Airbnb en changeant de conciergerie ?
Cela ne dépend pas du changement, cela dépend du compte sur lequel l'annonce a été publiée. Sur votre compte, avec un simple accès de collaboration donné à la conciergerie, les avis et l'ancienneté restent chez vous et le changement ne se voit pas. Sur le compte de la conciergerie, ils lui appartiennent et vous repartez d'une annonce neuve. Ouvrez votre application Airbnb : si vous voyez l'annonce et ses avis en vous connectant avec votre propre adresse email, la réponse est bonne.
Où aller maintenant
Si vous cherchiez d'abord à comprendre ce que vous payez, le calcul complet est sur notre tarif et la somme exacte sur laquelle il se calcule.
Si votre sujet est la propreté entre deux séjours, tout est écrit sur le ménage d'un Airbnb à Toulouse.
Une dernière chose, valable même si vous ne nous appelez jamais. Avant de signer où que ce soit, posez ces deux questions et faites écrire les réponses : quelle est la durée d'engagement, et quel est le préavis. Le relevé du 3 septembre 2026 montre que 35 sites sur 39 ne répondent à aucune des deux sur leur propre site. Les réponses doivent être quelque part dans votre contrat, et si elles n'y sont pas non plus, c'est en soi un renseignement.